mercredi, novembre 23, 2005

MÉMO NSC N°2 – 11/23/2006

Chers membres du NSC,

À 24 heures de la réunion spéciale annoncée par notre président, j’encourage mes collègues à joindre le forum du NSC avec des dossiers élaborés, des recommandations concrètes et viables, de manière à ce que les discussions de ce jour soient productives. Avec ce Mémo, je tiens en qualité de NSA à poser quelques garde-fous permettant de garantir l’efficacité du processus délibératif en cours.

Le président est extrêmement préoccupé par la situation en Irak, et il souhaite être informé de toutes les options qui se présentent à ce stade. Vous savez que le dossier de l’Irak est son cheval de bataille, et il veut entendre des propositions réalistes à ce sujet. Le Président David arrive bientôt à la fin du deuxième mandat, et il est soucieux de laisser une trace positive dans l’histoire. Certes, notre position idéologique concernant ce dossier central a été clairement formulée, et elle est connue de tous au NSC. En attestent les multiples mémos et déclarations qui circulent, jour après jour, sur notre site. Mais mettons la rhétorique de côté.

La planification de notre action en Irak, et de sa composante « post-conflit & reconstruction » plus particulièrement, a été déficiente à ce jour. Le cabinet est passé à côté d’importants signes avant-coureurs concernant les écueils probables d’une telle action à moyen terme. Ces déficiences sont imputées, dans une certaine mesure, à la compétition qui a prévalu entre les départements d’État et de la Défense, ainsi qu’aux tensions entre les branches civile et militaire au sein de ce dernier. Ces divisions ont miné le processus délibératif et ont affecté la cohérence de nos décisions.

Si cette réunion a été convoquée, c’est dans le souhait que l’on transcende de telles querelles bureaucratiques (vous savez combien notre président déteste les querelles) et qu’on s’occupe de la substance des dossiers. Pour ce faire, tous les départements sont mis à contribution: des options et scénarios divers doivent être élaborés, leurs implications en matière de coûts et de risques de sécurité anticipées. Une solution concertée est requise.

Les erreurs de notre politique de premier mandat portent de lourdes conséquences. Les efforts consentis et le sacrifice de notre nation en Irak n’ont pas encore porté les résultats escomptés. Nous avons constaté que le processus de débaathification était une erreur, cela après avoir démantelé de manière précipitée les structures de soutien des forces irakiennes. Aujourd’hui, nos opérations militaires en Irak poussent l’ennemi à adopter de nouvelles techniques de terrorisme, qui dénotent d’une perfidie de plus en plus déroutante. Face au nombre exponentiel de pertes en vies américaines et la chute libre du soutien public au maintien des troupes, il nous semble que le temps est venu pour élaborer une stratégie d’ordre plus pragmatique.

Collègues du NSC : il est temps de reconnaître que la guerre asymétrique est difficile à gagner. Il ne faut jamais sous-estimer l’ennemi, or nous combattons une nébuleuse sans visage et opérant en réseau à canaux multiples. Nous devons pousser la réflexion et considérer des options qui n’ont peut-être pas été envisagées à ce jour : un changement radical de stratégie, s’il en faut. Fini le wishful thinking! Sortons de notre inertie et des tendances qui poussent les départements vers l’émulation bureaucratique. Il faut sauver la présidence, et avec elle, l’intérêt national américain !

NSA, le 23 novembre 2006.

Signé Gracy.